Photo de Toulouse

SAM 1908

Les Pionniers de la SAM



C’est en décembre 1904 que l’idée de la création, à Toulouse, d’une nouvelle société d’artistes et d’artisans d’art germe dans l’esprit de trois amis : l’architecte Castan, le sculpteur Guénot et le décorateur Lineau. Emportés par un idéal puissant et une soif de renouveau, ils veulent s’affranchir du modèle parisien et organiser des expositions dans lesquelles ils pourront présenter leurs travaux. Une première réunion se tient le 3 janvier 1905, 1 rue Ingres, chez Castan. Dans la fièvre de l’époque et l’exaltation de leur jeunesse, les 22 participants rêvent « d’un Salon annuel dans une salle du Capitole, de novembre à juillet, avec entrée libre permanente. » Ils jettent ce jour-là les bases de leur projet et le 15 février déposent les statuts de la Société des Artistes Méridionaux paraphés par « Le président : R. Castan » et « Le secrétaire : A. Guénot ». À l’occasion de son Centenaire, la SAM a organisé 18 expositions – toutes différentes – dans Toulouse et sa région. Elles se sont succédé de novembre 2005 à mars 2006.

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Le 3 novembre 2005, la Société des Artistes Méridionaux a inauguré les cimaises de la salle d’apparat du musée du Vieux-Toulouse pour présenter la première des expositions qu’elle a organisées afin de fêter dignement l’événement exceptionnel du Centenaire. Revisitons par le souvenir cette manifestation : la libre promenade permettra d’évoquer en chemin les artistes et l’histoire de la société. Ce jour-là, une lumière dorée, réfléchie par les ocres des murs et du sol, vient nimber les 35 œuvres des tout premiers fondateurs de la société ainsi que celles de sociétaires plus jeunes qui nous ont quittés. Derrière leur table d’accueil, protégés par l’anse de briques de la grande cheminée, les gardiens du lieu posent un regard nostalgique sur ces rémanences d’un passé toulousain.

Quelques documents épinglés dès l’entrée exposent les motifs de la création de la SAM et annoncent son manifeste. Parmi eux, une lettre d’invitation destinée à quelques amis : celle que l’architecte Raoul CASTAN rédige, le 31 décembre 1904, avec le sculpteur Auguste GUÉNOT et le décorateur Gabriel LINEAU. Ils formeront le dynamique trio qui va entraîner à sa suite toute une théorie d’artistes. Dans un premier temps, autour de quelques peintres et sculpteurs, se regroupent les adeptes des arts décoratifs : orfèvres, brodeuses d’art, ferronniers, ébénistes, décorateurs ou architectes. Ensuite les rejoignent les graveurs, dessinateurs, aquarellistes, pastellistes. Et même les photographes (de Germaine Chaumel à Jean Dieuzaide) du célèbre Cercle des XII que la SAM accueille dans ses Salons de 1937 à 1981, bien avant et même après la création de la galerie du Château d’eau en 1974. Aujourd’hui, nous sommes toujours des peintres, des graveurs, des photographes, des sculpteurs, des céramistes, mais aussi des « installateurs » qui donnent une touche contemporaine à nos présentations.
Raoul CASTAN est le premier président de la SAM de 1905 à 1909. Jean DIFFRE lui succède de 1910 à 1916. Pendant la guerre, alors que la société interrompt ses activités, François GAUZI assure l’intérim de 1916 à 1919. Georges VIVENT reprend le flambeau de 1920 à 1949, suivi d’Édouard BOUILLIÈRE (1950 à 1967), de Maurice MÉLAT (1967 à 1984), de Pierre DARQUES (1985 à 1988), de René IZAURE (1989 à 1991) et de Bernard RYON depuis 1992.

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Affichée elle aussi à l’entrée du musée du Vieux-Toulouse, exhumée des dossiers de Lupiac (premier archiviste des Méridionaux resté jusqu’en 1956), une photo sur laquelle lui-même figure est présentée à la sagacité des visiteurs. Peut-être pourront-ils mettre un nom sur les sociétaires qui posent dans la grande cour des Beaux-Arts ? Des étudiants, des descendants ou des amis de ces artistes ont répondu à nos attentes. Selon toute vraisemblance, ce cliché a été pris en 1920. On y voit le Palais des arts inauguré cette année-là ; en mai, la SAM y présente son Salon pour la première fois ; Bouillière, en soldat, a eu 20 ans le 11 de ce mois ; les vêtements illustrent bien la mode du moment ; enfin, au centre de l’image, bien reconnaissable, voici Vivent, sociétaire de la première heure. Il vient d’être élu président et pose, entouré de membres du nouveau Bureau de la société. On le retrouve dans l’exposition de la Bibliothèque municipale, rue de Périgord, qui présente, du 15 novembre 2005 au 15 janvier 2006, les huit sociétaires des Méridionaux qui, en 1935, ont conçu, décoré et meublé cette belle bibliothèque : l’architecte Jean Montariol, les sculpteurs Georges Vivent, Henry Parayre et Sylvestre Clerc, le peintre Édouard Bouillière, le fresquiste Marc Saint-Saëns, le verrier André Rapp et l’ébéniste Maurice Alet.

Sur cette photo, on reconnaît aussi, à la droite de Vivent, Paule SOULÉ. Elle enseigne le dessin aux côtés du sculpteur et, à la mort de ce dernier, prend la direction de son atelier du 9 allée des Zéphyrs. De 1930 à 1970, Mademoiselle Soulé a été la secrétaire emblématique des Méridionaux, toute dévouée à leur cause. Une de ses aquarelles, puissamment colorée, accueille le visiteur. Cette Pharmacie des Chartreux intrigue beaucoup : personne jusqu’ici n’a réussi à localiser le lieu représenté. À côté, une autre aquarelle aux tons raffinés d’Alexandre MOULIS, Rue Ozenne sous la pluie, réveille une anecdote chez l’un de nos visiteurs : Moulis partait chaque matin travailler à la SNCF, la poche gauche gonflée d’une liasse de papiers vierges qui passaient au fil de la journée, enrichis de croquis, dans l’autre poche. Au-dessus, un dessin à la plume de Louis LOUVRIER, vice-président des Méridionaux de 1950 à 1955. Ce Paysage attire fortement l’attention des amateurs. Longtemps chef de file de la gravure toulousaine, Louvrier, grâce à ses dons artistiques doublés de ceux de pédagogue, a formé toute une descendance d’artistes réputés.

À la gauche de Vivent, chapeau « cloche » enfoncé sur les yeux, se trouve Hélène RIVIÈRE, fille de Jean Rivière, l’illustre professeur qui, aux Beaux-Arts, a ouvert la voie à l’art des années vingt à Toulouse. Sa mère Pauline Rivière, membre de la société, était elle-même une brodeuse d’art de grande renommée. Une des délicates peintures d’Hélène, Les Poules, toute floquée d’ombellifères et piquetée de plumes, remporte, c’est troublant, le même succès qu’autrefois. Aux côtés d’Hélène se trouve Édouard BOUILLIÈRE, professeur lui aussi. Pendant 42 ans, il assuma des fonctions au sein du Bureau et devint notre cinquième président. Il est représenté à la Bibliothèque municipale avec la toile monumentale qui orne l’entrée. Ici, deux huiles richement colorées, La Pendule et Bleuets, aux tons veloutés, rappellent le peintre prolifique qu’il était. Sur la plus petite des deux toiles, une paire de gants jetée là, sur un coin de table, fait penser à une manière de Manet.

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À l’autre bout de la rangée, dans une pose de jeune dandy, tous les visiteurs reconnaissent Paul MESPLÉ, qu’ils soient collègues des Méridionaux – dont il est le vice-président de 1947 jusqu’à son décès en 1982 – ou coreligionnaires de l’association des Toulousains de Toulouse à laquelle il adhère en 1912, dès l’âge de 16 ans (il en sera le vice-président en 1969). Pendant 55 ans, il assure la publication de son mensuel L’Auta, ouvrage qui, entre autres, va lui servir de tribune pour alerter les pouvoirs publics en dénonçant les atteintes au patrimoine de Toulouse. Il aime ardemment sa ville et lui consacre plusieurs ouvrages majeurs, certains illustrés par son ami Bouillière. De plus, de 1941 à 1964, cet érudit occupe le poste de conservateur du musée des Augustins pour lequel il organisera de grandes expositions. Nous présentons Aignan, une de ses gouaches (qu’il révélait avec parcimonie au public), témoin d’une œuvre picturale d’une ampleur insoupçonnée.

Au dernier rang de la photo, empreint de modestie : le sculpteur Henry PARAYRE, notre autre vice-président de 1928 à 1954. Passionné par l’enseignement, il succède à Jean Rivière à la direction de l’atelier des arts du bois, puis devient professeur de sculpture dans la classe d’art industriel. Il enseigne aussi le dessin à l’École normale. Il est partie prenante de l’exposition de la BM avec les deux sculptures de la cour d’entrée. Il prête ici une petite terre cuite, une Femme assise toute de douceur retenue, dans une pose maintes fois étudiée par l’artiste. Enfin, tout au fond du document, nous trouvons André-Pierre LUPIAC. Son Bacchus, une coquine aquarelle qu’il avait offerte à Mesplé, montre une autre facette de son travail, sorte de miniature pour un peintre auteur de tant de toiles monumentales ou d’immenses affiches d’une surprenante modernité. Entre autres réalisations, Lupiac participa à la décoration de la salle du conseil municipal de la mairie de Toulouse, à la fin du XIXe siècle.

Plus loin, sur d’autres cimaises, quelques œuvres nous ramènent aux débuts de la Société des Méridionaux. Voici un Autoportrait en soldat du pionnier Gabriel LINEAU fauché en pleine jeunesse par la Première Guerre. Créateur réputé de papiers peints et de tissus, il fut aussi le décorateur du magasin Au Capitole inauguré en 1904. Voici encore un Portrait de femme au crayon de Jean RÈME, datant de 1905, comme la SAM. Rème fut un graveur très fécond qui a beaucoup décrit le Toulouse du début du XXe siècle. Et aussi un bel Autoportrait au regard triste (daté du 1er janvier 1945…) d’un Laurent ESCAP prisonnier de guerre. Peintre « maudit » par la vie, mais « protégé » de Mesplé qui lui commandait des travaux de copiste, que nous tirons de l’oubli grâce à cette exposition. Ce lavis vient en contrepoint de sa gouache accrochée juste en face, un Jardin tout ébouriffé de brise et baigné de fraîcheur. Enfin, une huile puissante aux accents « fauves » de René GRANDIDIER, Mon élève Henri PATEZ – sociétaire actuel – apporte une note anecdotique à l’ensemble.

Au fond de la salle nous attendent de grands aînés : Georges CASTEX est l’inlassable descripteur de sites toulousains souvent disparus. Il nous rappelle ici, avec cette École des arts, que le musée des Augustins abrita pendant 89 ans (de 1806 à 1895) l’École des beaux-arts. La rue « des Arts » en garde le souvenir. Dans la Salle des Illustres du Capitole, on lui doit aussi, parallèlement à sa réalisation de motifs d’architecture en trompe-l’œil, un talentueux et périlleux travail de raccords des toiles de Paul Pujol, un autre de nos prestigieux sociétaires. Architecte, peintre et excellent aquarelliste, Pujol fut l’un des deux maîtres d’œuvre chargés de la décoration de la Salle des Illustres dont il fut le conservateur jusqu’à sa mort en 1925. Ces travaux vont durer une vingtaine d’années, entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle. Pujol participa aussi, en 1923, à la reconstruction du Théâtre du Capitole détruit après l’incendie du 10 août 1917. Aux côtés de Castex, François GAUZI et sa Petite marchande de violettes, aux tons sourds de bronze et de tyrien éteints, nous reportent aux toutes premières années du XXe siècle. Il participa à l’organisation d’une grande rétrospective des œuvres de Toulouse-Lautrec, son ami et camarade d’études à l’atelier Cormon, à Paris. Au Salon des Méridionaux de 1932, cette exposition « Toulouse-Lautrec » rassembla 76 numéros démontrant toute l’envergure du talent de cet immense artiste.

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Plus près de nous dans le temps, nous trouvons, ici rassemblées, trois façons de raconter la mer et ses ports : un petit Raymond ESPINASSE post cubiste, aux traits vigoureux, plonge sur la Plage de Sète. Une toile de Renée ASPE, trop tôt disparue de notre vie mais pas de nos mémoires, nous offre une vue verticale et dynamique de Bateaux à quai dans un camaïeu de bleus fortement soulignés. Le Collioure d’Arthur FAGES, observé du même endroit que l’a peint Derain en 1905, nous restitue sous un angle inhabituel ce « village de peintres ». Cette année-là, à Collioure même, Derain et Matisse « inventèrent » le fauvisme. Nos pas nous entraînent vers deux œuvres de petit format. L’une est La Maison de Maurice PONCELET, un crayon très libre rehaussé de touches vives aquarellées, ou comment tirer parti d’outils très modestes. L’autre est de Charles BARTHÈS : une Garonne au pont Saint-Michel classique, impressionniste, évoque en 44, en pleine guerre, les plaisirs simples de promeneurs et de rameurs toulousains sous une scintillante lumière d’été.

Nous nous acheminons vers les œuvres d’artistes plus récents, comme le puissant Clocher-mur aux couleurs de terres lauragaises posées au couteau, en aplats francs, de l’architecte Jean MONTIER. Vice-président de la SAM de 1978 à 1988, il fut un célèbre « bâtisseur » dans la deuxième moitié du XXe siècle toulousain. Le théâtre des Mazades, l’aéroport de Blagnac, les arènes du Soleil d’or, l’hôtel de ville de Saint-Jean, l’église des Sept-Deniers… portent sont empreinte. Nous trouvons plus loin la grande huile Sous les combles aux gris subtils de Raoul BERGOUGNAN dont la brosse effleure la toile pour laisser tout son rôle à sa sensibilité. Ce fut un grand professeur, un artiste indépendant, hors des modes, à la personnalité affirmée, un peintre dont le talent devrait lui valoir une plus grande reconnaissance. Voici le lavis de Maurice MÉLAT, une Claudine toute de grâce et d’élégance qui prend la pose près des Danseuses tant de fois croquées, dessinées ou peintes dans un style nerveux, aussi vif que l’esprit de leur auteur. Professeur à la générosité extrême, Mélat fut aussi créateur de décors et de costumes à la Compagnie du Grenier de Toulouse de 1941 à 1964, puis au théâtre du Capitole jusqu’en 1980. La chambre de commerce de Toulouse abrite plusieurs de ses toiles monumentales en compagnie de celles des sociétaires François Baboulet, Raoul Bergougnan, Édouard Bouillière, Raymond Espinasse, Arthur Fages, Maurice Poncelet et Constantin Font, associé de renom. Pour parfaire l’ensemble, ces peintres ont été rejoints par l’ébéniste Antonin Cazelles et par les sculpteurs Joseph Monin, Henry Parayre, Joseph Andrau et Jean Druïlle. Ce sont en fin de compte treize Artistes Méridionaux qui ont réalisé le programme de décoration engagé par la CCI de 1944 à 1952, sous la présidence de Gabriel Barlangue.

Puis nous rencontrons une Nature morte de Jean-Jacques CORNEILLE. Maître du trompe-l’œil, technique d’observation stricte s’il en est, il a su lui apporter, savoir-faire remarquable, sa touche large et libre de peintre sensible. Comme dans un Vermeer, la richesse de gris et de noirs profonds y traduit une lumière d’alcôve. Corneille a occupé pendant 48 ans des fonctions au Bureau de la SAM et fut très fier du titre de « vice-président d’honneur » que les Méridionaux lui attribuèrent ! Ensuite, c’est une toile de Christian SCHIMIDT qui attire notre attention. Pendant 53 ans, il enseigne aux Beaux-Arts ou dans des ateliers privés, dont celui des Peintres du mardi qu’il avait ouvert en 1950, impasse des Trente-Six-Ponts, dans le grenier du célèbre ébéniste Maurice Alet, l’un des fondateurs de la SAM. Sa petite Chouette, ciselée comme une matière précieuse, côtoie dans les mêmes harmonies une Abstraction, unique dans cet accrochage, de Robert LAVABRE qui fut le trésorier de la SAM de 1984 à 1988. Un solide fusain aux volumes charpentés, Les Jumelles, du sculpteur et professeur respecté Robert PAGÈS, annonce au centre de la pièce un Nu couché du même artiste, un ciment noir qui appelle la caresse…

D’autres sculptures, chacune témoignant d’une matière différente, l’accompagnent. La terre cuite d’André ABBAL, une Tête de fillette toute de rondeurs bouclées, bien loin de ses habituels portraits taillés « à la serpe » (comme celui de Jean Jaurès installé square du Capitole, ou comme ses bas-reliefs qui ornent le monument aux morts de Toulouse), fait contraste avec un fier Cormoran de bois fruitier, verni au tampon, de Georges SOUTIRAS. Ébéniste d’art et décorateur, entre autres, du paquebot La Bourbonnais avec Jacques Quinet, Soutiras travailla aussi avec André Arbus. Ce dernier, éminent sociétaire des Méridionaux, fut un ébéniste de réputation internationale dans les années trente. Tout près de là vogue un Naufragé aux voiles de laiton de Lucien AUGÉ. Très inspiré par le métal, il a souvent érigé, dans cette matière, des figures monumentales. Enfin, dans une vitrine près de Parayre son maître, Joseph MONIN propose un Cavalier pétri d’autorité et de puissance. Il a professé dans l’atelier des arts du bois que dirigeait Parayre, puis enseigné la décoration en volume ainsi que le dessin à l’École d’architecture. Dans les années vingt, Monin a formé un célèbre trio avec Arbus et Saint-Saëns.

Enfin, face à la sortie, se déploient les somptueux véronèses du Billard de Carlos PRADAL, instantané d’un mouvement paradoxalement contenu et libéré ainsi que ceux du Parc vert de Jean HUGON qui raconte, en harmonies complexes, les magnificences d’une nature qui vibre jusque dans ses ombres. Ces deux peintres ont été vus pour la première fois dans la galerie toulousaine de l’inoubliable Simone Boudet, infatigable découvreuse de talents. Dans les années cinquante, Hugon fit partie du groupe Le Chariot avec les sociétaires des Méridionaux Michel Goedgebuer, Robert Pagès, Christian Schmidt, Jean Teulières, André Vernette, accompagnés de Yankel (Jacques Kikoïne). Ces deux dernières toiles ponctuent notre promenade le long d’un passé somme toute relativement récent, enrichi des souvenirs évoqués parfois les larmes aux yeux par des parents, des amis ou même par des étudiants qui « vivent » depuis longtemps avec ces artistes, sujets de leurs maîtrises ou de leurs thèses.
Avec ces sculptures, ces dessins, ces peintures, les Méridionaux survolent le siècle dernier dans ce musée du Vieux-Toulouse. Nos aînés seraient certainement heureux de ces retrouvailles, entre les Toulousains de Toulouse et les Artistes Méridionaux, qui confortent le lien sororal des deux sociétés. En effet, durant la première moitié de leur existence, elles ont partagé les mêmes locaux au n° 6 de la rue Saint-Jean, des membres de l’une faisant partie de l’autre, tous animés par la passion du Beau.

Malgré un mois de novembre inhabituellement rude (froid, pluie et même neige !), plus de 1 200 visiteurs sont venus découvrir ces œuvres exceptionnellement dévoilées le temps d’un Centenaire. Dix-sept autres expositions, toutes différentes, dans des lieux variés suivront. Des galeries privées, les centres culturels de Bonnefoy, des Mazades, de Soupetard, de Bellegarde, Odyssud Blagnac, la mairie de Colomiers pour les artistes contemporains, la bibliothèque de Périgord et la chambre de commerce, tous vont participer à cette remarquable commémoration du Centenaire de la SAM qui s’est déroulée du 3 novembre 2005 au 31 mars 2006.

Françoise ALRIC RYON Archiviste de la Société des Artistes Méridionaux

Les noms en caractères gras correspondent aux artistes dont les œuvres figurent dans l'exposition du centenaire de la SAM au musée du vieux Toulouse (novembre 2005).